L’amour maternel n’est pas inné

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Aujourd’hui ma puce, tu as 8 mois.

Et pourtant il me semble que tu es bien plus petite que ça.

 

Notre histoire était tellement compliquée dès le départ.

 

Il y a ce fameux mois de décembre où j’apprends que je suis enceinte pour la seconde fois.. Tu es arrivée trop vite, on voulait attendre la première année de ta sœur en maternelle, que sa première année scolaire se fasse sans trop de tracas.

 

Mais tu en avais décidé autrement ! Tu t’es installé au fond de moi et finalement j’ai accepté cette situation.

Tu m’as rendu malade dès le début, les nausées, la fatigue, le tournis et avec tout cela je devais toujours m’occuper de ma première.

En janvier, un jeudi matin, comme tous les jeudis d’ailleurs… Je vais à la crèche mais je rentre dans le bâtiment du laep…. (lieu accueil enfant parent)

Je suis malade de nouveau, entourée de tous  ces autre parents je m’effondre. Je suis prise d’assaut par des douleurs horribles, les reins, le dos, le ventre, tout me fais souffrir. Je tombe devant ma grande « maman bobo ! », je l’entends mais je crève de douleur.

Je me dirige aux toilettes en espérant que la douleur passe… Rien n’y fait, je frappe le mur des poings, mais la douleur reste, constante, part puis revient.

 

Je repasse dans la salle de jeux, blanche comme un linge et là je fonds en larmes.

 

Le personnel a été au top ! Je ne remercierais jamais assez  les ass’mat’ et la directrice de la crèche pour leur réactivité et leur gentillesse. Elles récupèrent ma grande et lui explique que maman va au docteur mais que « maman revient après ». Elle connait les femmes, le lieu, elle retrouve ses copains de crèche… Je n’ai plus à m’en occuper… Maintenant il faut que je m’occupe de moi et de mon bébé.

 

Une ass’ mat’ a pris sa voiture personnelle pour m’emmener à l’hôpital, et une fois sur place à fait mon admission. On me laisse sur un brancard le temps qu’Homme arrive. Je l’ai averti par portable mais il met du temps à venir du boulot..

C’est un collègue qui l’a emmené car il était sous le choc.

 

Là une infirmière « je vous donne du doliprane et du spasfon, ça va faire passer vos contractions » car oui ce sont des contractions ! à 2 mois et demi j’ai des contractions !

Arrivé en salle d’examen (enfin d’avant examen !) je n’ai plus de contractions mais… mais… MAIS !! Je sens quelque chose de chaud, couler abondement .. Je saigne… On me déshabille, on me regarde sans examen « ah au vu du sang, vous faites une fausse couche. » on me met une blouse d’hosto et  ils se barrent. Voilà on me laisse seule avec cette phrase qui me retourne le ventre, l’esprit, les émotions.

 

On m’emmène devant la salle d’écho d’urgence mais il faut attendre l’interne qui mange… Donc je reste 1h30 en pleure, au milieu du couloir, dans mon brancard, à moitié à poil… Et j’entends les cris de tous ces bébés qui sont nés il y a quelques heures… Je suis dégoûtée, brisée, dépassée par la situation.

 

Enfin. On me passe à l’écho… « Tiens le fœtus vis encore ? C’est étrange »

Re-claque dans la gueule. Après vérif.. Décollement du placenta… « Vous avez une chance de faire une fausse couche dans les mois qui arrive, le fœtus risque de ne pas tenir et même, plus vous avancerez dans la grossesse, plus les risques de fc tardives seront là »

 

La chance… Le fœtus…. Il n’a pas employé les bons mots… Il a verrouillé mon cœur, mes émotions… J’ai donc passé ma grossesse à ne
pas focaliser sur le bébé qui grandissait en moi. Je me suis occupée de ma grande comme si je n’étais pas enceinte. Je n’ai pas pensé à l’espoir de cet enfant.

 

Echo du 6ème mois… C’est une fille, et elle a recollé le décollement en appuyant dessus avec ses petites fesses… J’ai donc à présent 3 mois pour accepter ce que certaines mettent 9 mois à comprendre… Je dois enfin prendre re-possession de mon corps et de ma grossesse.

Je l’annonce enfin à mes amis.

 

Elle naît… Mademoiselle naît à 8 mois au lieu de 9 révolus… elle respire seule, pèse 2k190… passe par la case couveuse. J’ai eu une césa… Quand on me descend dans la chambre elle est toujours dans sa couveuse, c’est le choc.

On me la donne, je tente de lui donner le sein… Mais elle le refuse, ne sais pas téter, ne veut même pas tenter.

Ça m’agace, me fatigue, me prend la tête. Je l’a laisse dans son berceau, ne l’a sort que lorsqu’il faut la nourrir, je ne l’a regarde pas… Dès que j’ai sommeil je l’a fait mettre en pouponnière… Pour ma première ça ne sait pas passé ainsi, c’était tout le contraire.

 

Je demande au psy de l’hôpital de passer… Je ne le verrais jamais !

Je rentre chez moi… et là c’est l’enfer, je pleure, je ne dors plus, je ne veux pas voir ce bébé, je veux juste rester avec ma fille aînée (qui me rejette à son tour).

Ma toute petite, tellement petite, doit boire du lait préma jusqu’à ses 3 kg révolus. Avec Homme on prend des rdv toute les semaines en PMI pour sa courbe de poids… Au bout de 2 mois elle tape enfin les 3 kg… « Vous pouvez la mettre au lait normal, c’est bon elle a enfin un bon poids »… Elle déverrouille mon cœur, mes émotions…

Je sors de ce rendez-vous, toute légère dans ma tête, je ris, ne veut plus lâcher ma toute petite princesse.. Ça y’est j’ai mon bébé… c’est mon déclic…

 

Avec du recul je pense qu’elle était si petite que j’avais peur de la perdre, qu’elle tombe malade et/ou ne meurt… Je la trouvé tellement fragile qu’il était impensable de la considérer comme un bébé. J’avais mis un mur pendant ma grossesse et j’ai remis un mur après sa naissance.

 

Aujourd’hui ma minuscule … Plus si minuscule que ça  Je ne verrais pas un jour de ma vie sans que tu sois avec moi.

 

Alors non l’amour maternel n’est pas inné, il se travaille et s’installe au fil du temps… Ce n’est pas tabou… Il faut juste en parler….

 

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3 responses to “L’amour maternel n’est pas inné

  1. cindy

    je connaisser deja ton histoire pour yaelle mais la au jour d’aujourdhui toute tes peurs et crainte se son effacé pour laisser place a se grand bonheur

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    1. Laetitia Auteur du post

      oui mais il me semblait important pour d’autre maman de savoir que parfois elles ne sont pas seules à connaitre ça… c’est tellement tabou… et souvent on entends « bizarre l’instinct maternelle c’est naturelle ça arrive à la naissance du bébé sinon c’est que t’es pas faite pour être mère » alors non ! c’est pas normal d’entendre ces réflexions … et du coup je comprends mieux les infanticides (je ne les approuves pas hein !) et les suicides suivant certaines naissance

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